TDAH

Le TDAH n’est pas « juste » un enfant turbulent ou un adulte désorganisé : c’est une autre manière de vivre le monde, souvent épuisante, parfois brillante, presque toujours incomprise.

Lucas, 8 ans : Lucas adore les dinosaures. Quand il en parle, ses yeux brillent, il retient des noms impossibles et corrige même ses parents. Mais le matin, c’est la guerre.
Le cartable oublié, le cahier de texte introuvable, le manteau abandonné à l’école pour la troisième fois de la semaine. Sa mère, épuisée, finit par crier : « Tu le fais exprès ou quoi ?! ». Le soir, Lucas se recroqueville dans son lit :
« Maman, je veux être comme les autres. »

En classe, la maîtresse voit un enfant « dans la lune », qui se lève sans demander, qui répond trop vite. On lui colle les mots « rêveur », « immature », parfois même « provocateur ». Personne ne voit ce qu’il ressent à l’intérieur : la honte quand tout le monde a fini la copie sauf lui, la boule au ventre avant l’école, la peur du prochain mot dans le carnet.
Quand il arrive au cabinet, il ne dit pas « j’ai du mal à me concentrer ». Il dit : « Je suis nul. »

Le travail avec Lucas, ce n’est pas seulement apprendre à s’organiser. C’est lui montrer, petit à petit, que son cerveau n’est pas contre lui, qu’il a le droit d’être comme il est, et qu’on peut trouver des stratégies ensemble.

Emma, 15 ans : Emma a toujours été « l’intelligente de la famille ». En primaire, tout roulait sans effort. Puis le collège, puis le lycée : les matières explosent, les devoirs s’enchaînent, les attentes montent d’un cran.
Elle commence son DM de maths à 22h30, après avoir passé la soirée à scroller, à papillonner d’un onglet à l’autre, à commencer trois choses sans en terminer une seule. Dans sa tête, ce n’est pas de la flemme : c’est un brouhaha permanent, impossible à faire taire.

Le lendemain, mauvaise note. Les profs sont déçus :
« Elle a du potentiel, mais ne le travaille pas. »
Ses parents s’inquiètent :
« Tu te rends compte de la chance que tu as ? »

Emma, elle, se sent comme une imposture. Elle sait qu’elle comprend vite, qu’elle peut être brillante quand elle arrive à se lancer. Mais elle se regarde saboter ses révisions en ayant l’impression d’être spectatrice d’elle-même. Avant une évaluation, elle tremble, a mal au ventre, se déteste.
Au cabinet, elle me dit :
« Je ne comprends pas comment je peux être intelligente et tellement nulle en même temps. »

Mettre le mot TDAH sur son expérience, ce n’est pas l’enfermer dans une case. C’est lui renvoyer un message  : « Tu n’es pas paresseuse. Ton cerveau fonctionne différemment, et on va apprendre à travailler avec lui, pas contre lui. »

Thomas, 37 ans : Thomas est père de deux enfants, en couple depuis 10 ans, cadre dans une entreprise où les journées s’enchaînent sans pause. Autour de lui, tout le monde voit le même scénario : retards aux réunions, dossiers rendus à la dernière minute, impôts déclarés le dernier jour, anniversaires oubliés.
À force, sa compagne n’en peut plus :
« Je porte tout, toute seule »

Ce que personne ne voit, c’est la tension interne permanente. Thomas se réveille déjà épuisé. Sa tête est remplie de listes invisibles : « ne pas oublier le rendez-vous médecin », « répondre au mail du boss », « programmer le virement du loyer ». Il met des rappels partout, mais se noie dans ses propres systèmes.
Le soir, il s’écroule sur le canapé, vidé. On le traite de « désengagé ». Lui se sent brisé.

En séance, il lâche :
« Je passe ma vie à courir derrière tout. Même quand je réussis, j’ai l’impression que c’est par accident. »

Le diagnostic tardif de TDAH lui donne un cadre : il comprend pourquoi il a enchaîné les jobs, pourquoi il a besoin de travailler dans l’urgence pour être efficace, pourquoi il oublie le sac de sport mais se rappelle dans le détail une conversation d’il y a 5 ans.
Le travail thérapeutique, c’est l’aider à arrêter de se définir comme « mauvais mari » ou « mauvais père », et à se voir comme quelqu’un qui a besoin d’aménagements concrets : routines visuelles, partage de charge mentale dans le couple, façons de travailler adaptées à son cerveau.

Claire et Julien : Dans ce couple, Claire n’a pas de diagnostic. Julien, si : TDAH, détecté à l’âge adulte. Pourtant, pour Claire, ça ressemble surtout à une succession de frustrations :

Les rendez-vous oubliés.

Les poubelles jamais sorties « malgré les promesses ».

Les discussions où Julien coupe la parole, s’emballe, s’énerve vite.

Elle entend « TDAH » comme une excuse.
« À chaque fois que je te dis quelque chose, tu réponds : “C’est mon TDAH.” Et moi, je fais quoi de ma fatigue ? »

De son côté, Julien ne voit que ses efforts : il met des alarmes, des post-it, il se répète mentalement « pense aux poubelles », mais son attention glisse ailleurs au mauvais moment. Quand Claire explose, il se sent comme un petit garçon qu’on gronde.
En séance, on prend une dispute type, on la déroule au ralenti :

Le moment où Claire se sent invisible.

Le moment où Julien se sent humilié.

Le moment où le TDAH fait dérailler la séquence (oubli, impulsivité, débordement émotionnel).

Ce travail-là, c’est redonner une place à chacun : reconnaître la réalité du trouble sans le prendre comme bouclier, reconnaître la fatigue du partenaire sans nier la difficulté neurologique. Et construire des accords très concrets : « Quand tu oublies, on fait comment ? Qu’est-ce qui peut nous aider, tous les deux ? »

Lucas, Emma, Thomas, Claire et Julien n’ont pas les mêmes vies, mais ils partagent plusieurs choses :

La sensation d’être « à côté » des autres, alors qu’ils font de leur mieux.

Des années de phrases qui blessent : « Tu exagères », « Fais un effort », « Tu es égoïste ».

Des forces incroyables : créativité, sens de l’humour, intuition relationnelle, idées originales, énergie intense quand quelque chose les passionne.

Le TDAH, ce n’est pas un prétexte. C’est une grille de lecture qui permet de comprendre ces décalages, de déposer la honte, de construire des stratégies adaptées au lieu de s’acharner à « rentrer dans le moule ».

TDAH : le diagnostic qui libère et qui effraie

Une évaluation  – questionnaires, tests neuropsy, entretiens – pose enfin les mots justes et soulage: « C’est neurologique, pas moi qui dysfonctionne. » Mais la peur surgit : celle du médicament (méthylphénidate), du stigmate, des aménagements scolaires. La psychoéducation devient alors votre première arme pour reprendre les rênes de votre cerveau

L'accompagnement thérapeutique

Pour les enfants comme Lucas, jeux de régulation (ballons anti-stress, timers rigolos) + coaching parents ("Dites 'maintenant' au lieu de 'concentre-toi'").

Pour les couples, on décortique une dispute type et on trouve les mots et les outils.

Pour les adultes, TCC  – Pomodoro (25 min boulot, 5 min pause), listes visuelles, auto-compassion ("T'es pas flemmarde, t'es câblée différemment"). 

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